Être au cégep en 2020 : je ne suis pas certaine d’avoir appris ce que j’avais besoin d’apprendre

Être au cégep en 2020 : je ne suis pas certaine d’avoir appris ce que j’avais besoin d’apprendre

Table des matières

Alors que je termine mon cours de littérature au cégep, mon enseignante a la larme à l’œil et moi aussi. Peut-être soulagées que ce soit fini ou encore émues de la session que nous avons tous finalement réussi à terminer. Être étudiante au Cégep en 2020, c’est difficile.

Mon parcours pour la session d’automne 2020

Cette session-ci a probablement été la plus démotivante et difficile pour moi. J’ai annulé un cours en début de session et demandé un incomplet permanent pour un autre cours. J’ai aussi décidé de changer de programme pour l’automne prochain et d’annuler ma session d’hiver.

Ce n’est vraiment pas facile à distance. Contrairement aux élèves et enseignants du primaire et du secondaire, nous nous sentons mis à part et pas pris en compte. Nous avons pour la plupart des surcharges de travail, parce que les enseignants n’ont pas de repères pour les guider à travers cet enseignement à distance où nous devons surtout nous enseigner la matière nous-mêmes. Je ne suis pas certaine d’avoir appris ce que j’avais besoin d’apprendre.

Aucune amitié possible, mais remercions nos enseignants pour leurs efforts!

J’ai toujours aimé mes enseignants de littérature et cette matière en général. C’est important pour rester motivée. En organisant des tables rondes et en incitant les élèves à discuter avec les autres élèves, notre enseignante de littérature nous a permis de nous sentir moins seuls. Aucune nouvelle amitié n’a été possible pour moi dans ce cadre, mais discuter avec mes pairs, c’est socialiser au moins un peu. C’est se sentir moins seule derrière mon écran.

Un autre de mes enseignants nous envoyait des cours asynchrones avec un délai d’une semaine pour les écouter. Pendant les cours synchrones, les évaluations étaient plus fréquentes afin de vérifier notre compréhension et d’amasser le plus de notes possible plutôt que de se limiter à deux travaux au cours de la session.

De manière générale, les enseignants ont été plus tolérants envers les élèves concernant les échéances. Merci de comprendre qu’en temps de pandémie, certains ont des besoins financiers à combler plus importants qu’à l’habitude et aussi diverses distractions et obstacles qui peuvent empêcher une bonne concentration. Merci aussi aux enseignants qui ont présenté les travaux d’avance. Un sincère merci à ces enseignants, comme nous, sans repère, dans le néant et engagés à faire de leur mieux.

Étudiants : Prenez le temps de vous écouter, donnez-vous des buts et gardez-vous occupés!

Mes journées consistent à être productive pendant environ quatre ou cinq heures d’affilée. Être productive pour moi inclut faire de l’art, faire mes travaux, tenter d’être active physiquement, me préoccuper de ma santé mentale et de mon bien-être, travailler, etc.

Il faut s’accrocher à ce qu’on a, allonger son parcours scolaire s’il le faut, prendre une pause. Vous avez le droit. Vous êtes en contrôle de votre vie. Vous méritez d’être fiers de vous. Ce congé des fêtes plutôt anormal va quand même faire du bien. Profitez-en pour découvrir de nouvelles choses et vous reposer sans culpabilité. Les vacances sont faites pour ça.

Dites merci aux enseignants que vous appréciez et assurez-vous de les guider dans leurs méthodes de travail. Ça ne peut que les aider et ils se sentiront alors davantage en contrôle. Ce n’est pas rare qu’à la fin d’un livre ou d’un projet intéressant, je m’adresse au prof pour le lui dire. Vous devriez le faire aussi!

Bref, il faut comprendre que pour les étudiants et enseignants de cégep et d’université, ce n’est pas facile. Il faut donc se serrer les coudes afin de rendre la situation la plus efficace et agréable possible et prendre le temps de remercier nos enseignants. C’est important!

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Danika Ève Proulx
Danika Ève Proulx
Danika Eve Proulx est étudiante au cégep. Ayant grandit dans une famille où la santé mentale et ses enjeux étaient des priorités, elle a appris à vivre avec plein d'outils transmis, pour la plupart, par sa psychologue. Elle souhaite les partager pour aider les jeunes de son âge.

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