Être un proche aidant: danser sous la pluie

À plusieurs reprises dans ma vie, j’ai été proche aidante pour des personnes atteintes de dépression, d’anxiété ou de trouble de stress post-traumatique. Au cours de ces années, j’ai compris des choses, intériorisé des valeurs et acquis des connaissances comme proche aidante qui m’aident dans plusieurs aspects de ma vie aujourd’hui. Je souhaite donc partager mon expérience à ce sujet, afin de peut-être aider ne serait-ce qu’une personne à aider son prochain.

Que faire lorsqu’un proche rencontre des embûches mentales?

Lorsqu’un proche vit avec des embûches mentales, il est possible de se sentir impuissant. Il est important de prendre le temps de faire sentir à la personne en question notre présence, et lui rappeler tous les jours. Ce peut être envoyer un message texte à la personne pour lui souhaiter de passer une bonne journée tous les matins, lui faire sentir qu’elle n’est pas seule et même l’appeler pour lui donner une porte d’entrée pour se confier à quelqu’un. Et il est important de réellement écouter, ne compare pas avec tes propres situations, car ce n’est pas encourageant, écoute. Ne pas non plus exercer un positivisme toxique, c’est-à-dire dire des choses comme “reste positif” ou “j’ai déjà vécu pire” ou encore “tu t’en fais pour rien”. Ce que la personne vit est valide et chaque petit geste doit être considéré comme une victoire.

Valoriser les petits gestes

Il peut être très difficile pour cette personne de se lever le matin, de prendre une douche, de se faire à manger et de sortir de chez eux, donc il faut féliciter ces petits gestes qui peuvent leur prendre beaucoup d’énergie. Lorsque cette personne va bien, il est important de prendre le temps de lui demander ce que tu peux faire pour aider lors des mauvais jours, lorsqu’elle n’est pas capable de communiquer ses émotions et ses besoins. Et ne pas hésiter à s’informer plusieurs fois de leurs besoins ou de ce que tu peux faire pour aider. Il ne faut pas prendre personnellement les gestes que la personne pose dans ces moments. Il est possible que cette personne ne soit pas capable de te remercier, mais elle le fera éventuellement lorsqu’elle ira mieux. Elle est reconnaissante de ce que tu fais pour elle, mais n’est simplement pas capable de le communiquer.

S’aider pour aider : consulter un psychologue pour faire le ménage dans ses pensées

Il peut être difficile pour le proche aidant de s’occuper de lui-même. Il est important de rester fort pour soi et de vérifier si tout va bien à l’intérieur de nous, quotidiennement. À notre tour, il est important de se confier à une personne de confiance ou encore de consulter un psychologue. Lorsque ma maman était atteinte du trouble de stress post-traumatique, j’ai gardé la plupart de mes problèmes pour moi, tellement que je n’étais même pas capable de les identifier. Lorsque maman a commencé à aller mieux, tous ces problèmes que mon subconscient m’avait épargnés ont resurgi. J’ai dû consulter une psychologue afin de faire le ménage dans mes pensées. Et rappelle-toi que tes efforts porteront fruit.

Le rôle de proche aidant est très important pour les gens atteints de troubles mentaux, mais il est aussi important de prendre soin de soi afin de ne pas chuter à notre tour. Lorsque nous sommes proche aidant pour une personne dans notre vie, il est ensuite plus facile de cibler nos propres problèmes et de se laisser aider, comme nous l’avons fait pour quelqu’un d’autre. Si une béquille tombe, la personne tombe aussi, donc il est important de prendre soin de soi.

« Être proche aidant c’est danser sous la pluie au lieu d’attendre que l’orage passe. »

Danika Ève Proulx

Danika Eve Proulx est étudiante au cégep. Ayant grandit dans une famille où la santé mentale et ses enjeux étaient des priorités, elle a appris à vivre avec plein d'outils transmis, pour la plupart, par sa psychologue. Elle souhaite les partager pour aider les jeunes de son âge.