Est-ce qu’un diagnostic d’ITSS signifie la fin de sa sexualité?

Est-ce qu’un diagnostic d’ITSS signifie la fin de sa sexualité ? Meetual
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Tu as reçu un diagnostic d’infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) ?

Pas de soucis : je suis là pour te guider à travers tes inquiétudes. 

Avant tout, mettons quelque chose au clair. Une personne peut contracter une ITSS peu importe son âge, son état de santé mentale, son ethnicité, son sexe, son nombre de partenaires ou son occupation. De plus, recevoir un résultat positif à un test de dépistage ne détermine pas sa valeur en tant qu’humain, d’accord ?

 

Petit cours de bio 101

 

D’abord, laisse-moi te dire qu’il existe trois types d’ITSS : les bactériennes, virales et parasitaires. Chaque ITSS a ses caractéristiques différentielles. Le risque de transmission varie du type d’infection, mais également du type de comportement à risque que tu pratiques.

 

Les infections bactériennes

C’est-à-dire la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis, sont traitables souvent  assez facilement grâce à la prise d’un antibiotique.

Cependant, certains cas de syphilis non traités peuvent causer de graves conséquences sur le système neurologique, jusqu’au décès. Pour ce qui est de la gonorrhée, on observe une majorité de cas chez les personnes ayant un pénis, avec une augmentation de 102% des cas de 2011 à 2015. De son côté, la chlamydia est plutôt observable chez les personnes ayant un vagin. Pour la chlamydia et la gonorrhée, les symptômes sont surtout des écoulements douloureux qui démangent, ainsi qu’une infection de la conjonctive, signifiant l’œil, et/ou du col de l’utérus.

 

Les infections virales

Les virus, regroupent les hépatites B,C, les virus du papillome humain (VPH), l’herpès et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

 

L’herpès

Concernant l’herpès, il semble pertinent de souligner qu’il existe l’herpès de type 1, souvent présent dans la région buccale, et l’herpès de type 2, associé aux infections touchant les zones ano-génitales.

Le type 1 peut se transmettre au niveau génital, mais très rarement l’inverse. Tu as sans doute entendu plusieurs histoires qui font peur au sujet de l’herpès, non? En fait, c’est beaucoup plus commun qu’on le pense. L’herpès de type 1 se transmet très souvent à l’enfance, dans une garderie par exemple. Une fois que quelqu’un a contracté l’herpès de type 1, le virus rentre en période de dormance et se loge dans les ganglions pour le restant de la vie, dans lesquels il reste inactif jusqu’à la prochaine récurrence de boutons. Comme toutes les autres ITSS, l’herpès n’est pas synonyme de saleté.

 

VPH

En ce qui a trait au VPH, celui pour lequel tu as probablement reçu un vaccin à l’école lorsque tu étais jeune, il est estimé qu’elle serait l’une des ITSS les plus couramment transmises en Amérique du Nord. Note bien qu’une personne qui a une infection au VPH peut transmettre le virus même si elle n’a pas de symptômes. Ses symptômes incluent la présence de verrues génitales appelées condylomes, mais celles-ci apparaîtraient dans seulement 5% des cas. Dans certaines souches du VPH, le virus peut développer des lésions menant au cancer du col de l’utérus. Heureusement, dans la plupart des cas, le système immunitaire arrive à se débarrasser lui-même du virus.

 

VIH

À propos du VIH, il est observé que les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes constitueraient la population la plus touchée, juste avant les personnes provenant de pays où le VIH est endémique, c’est-à-dire présent de façon permanente, qui sont, à l’inverse, plus souvent des femmes.

Le VIH était anciennement appelé SIDA lors de sa découverte dans les années 1980, signifiant syndrome de l’immunodéficience acquise, alors que le SIDA représente uniquement la troisième phase du VIH. Aujourd’hui, tu seras soulagé.e d’apprendre qu’il y a peu d’individus au Canada qui se rendent à ce stade qui peut être mortel, puisqu’il existe de la médication pour vivre avec le VIH. Les personnes vivant avec le VIH doivent surveiller leur santé chez un.e médecin et veiller à la prise de médication continue, mais reprennent également leur cours de vie. Ce virus vient attaquer les glandes s’occupant du système immunitaire. Dans la forte majorité du temps, les symptômes de la primo-infection au VIH rassemblent fièvre, maux de gorge, rash cutané, enflure des ganglions lymphatiques, fatigue, maux de tête… Le tout ressemblant beaucoup à une simple grippe.

Pour prévenir le VIH, il existe même une prise de médicament prophylaxie pré-exposition et post-exposition d’un comportement sexuel à risque, appelée PREP et PPE.

 

Pour ce qui est des hépatites et des infections parasitaires telles que la gale, les morpions et la trichomonase, je te laisse visiter le site suivant si tu souhaites avoir plus d’informations : https://www.teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/Sexualite/ITSS

 

Comment se protéger des ITSS ?

 

La majorité des ITSS se contractant par contact sexuel peuvent être évitées grâce au port du condom interne ou externe, la digue dentaire ou gant de latex.

 

Ce qu’un contact sexuel implique :

  • Relation orale (fellation, cunnilingus, anulingus)
  • Relation vaginale
  • Relation anale
  • Partage de jouets sexuels
  • Masturbation d’une autre personne

 

Attention : certaines ITSS peuvent se contracter lors de contacts non-sexuels, soit via le partage de matériel destiné à l’inhalation ou l’injection de drogues, le partage d’objets personnels comme les jouets sexuels ou encore la non-stérilisation d’une aiguille de perçage ou de tatouage. 

 

Dans tous les cas, la meilleure façon de se protéger est de se faire dépister de façon régulière. Que veut dire « régulier » ? Et bien, pour les personnes sexuellement actives qui ont plusieurs partenaires sexuel.le.s, on peut s’entendre pour une fois par trois mois, ou bien à chaque nouveau ou nouvelle partenaire.

 

 

Top trois des mythes sur les ITSS

 

Mais… je n’ai pas de symptômes!

 

J’espère que cela ne te surprend pas trop, mais la plupart des ITSS sont asymptomatiques, ce qui signifie qu’elle peut être présente dans ton corps sans que tu le saches. En effet, certains signes de présence d’une ITSS peuvent être soit non douloureuses, non visibles ou très petits et discrets. La meilleure façon de savoir si tu as contracté une ITSS, c’est de prendre ton courage à deux mains et de prendre un rendez-vous de dépistage. Tu verras, ce n’est pas si gênant que ça en a l’air!

 

 Tu peux le faire juste ici : https://pvsq.org/sites-de-depistages/

 

 

Moi, j’ai confiance en mon.ma partenaire

 

Si tu suis la logique du mythe précédent, tu te rendras compte que même ton, ta ou tes partenaires peuvent avoir une ITSS sans être au courant, surtout lorsque aucune méthode de protection n’est utilisée. En ce sens, il semble être une bonne idée de passer un test de dépistage lorsque tu engages des relations de façon systématique avec de nouveaux ou nouvelles partenaires. Rien de plus romantique comme preuve d’engagement qu’un test négatif de ton plus récent.e crush, non?

 

 

Manque de propreté ?

 

Finalement, je suis d’avis que ce mythe est l’un des plus importants à démystifier. Les ITSS, d’un point de vue scientifique, sont de l’ordre de virus, parasites et de bactéries. Elles ne sont pas de l’ordre d’un manque d’hygiène ou de malpropreté. Une personne qui se lave tous les jours peut tout de même contracter une ITSS et une personne qui ne sent pas très bon peut ne jamais en contracter. Tu auras donc compris que ce n’est non plus pas en se lavant qu’on peut traiter une ITSS. Le terme « clean » est à éviter lorsqu’on parle de statut positif ou négatif parce qu’il peut être super stigmatisant, en plus d’être erroné. À la place, je te conseille de dire « vivre » avec une ITSS.

 

 

Que faire pour se protéger soi et autrui des ITSS ?

 

Il est important de voir les ITSS comme étant une maladie du corps comme une autre afin d’éviter de stigmatiser les personnes qui auraient reçu un diagnostic positif. La seule différence est qu’on peut s’en protéger, lorsque notre situation de vie nous le permet. Encore aujourd’hui, l’accès aux méthodes de protection ou même de contraception telles que le condom externe ou interne est encore restreint pour plusieurs groupes de personnes vulnérables possédant moins de facteurs de protection, voire de privilèges que d’autres peuvent posséder. 

 

En santé publique, l’utilisation de la technique de réduction des méfaits se conjugue entre autres avec les personnes utilisatrices de drogues injectables. La réduction des méfaits affirme qu’il n’est pas possible d’empêcher les gens de consommer ou d’avoir des relations sexuelles à risque, mais qu’il est possible de diminuer au maximum les risques associés. Afin de se protéger du VIH par exemple, il est possible d’adopter d’autres méthodes que le condom, si celui-ci n’est pas priorisé, comme faire le choix de types de relations sexuelles à moindre risque, comme l’utilisation de matériel neuf pour la consommation de drogues.

 

 

Une nouvelle sexualité

 

Avec la prise de médication, un diagnostic d’ITSS ne met pas fin à la sexualité d’un individu : il la modifie.

Certaines ITSS partent après quelques jours ou semaines, alors que certaines sont chroniques. Avec ton ou ta partenaire, tu dois être à l’aise pour discuter de ces sujets. Il est faux de croire que la vie sexuelle avec une ITSS chronique demeure la même qu’avant son diagnostic, mais il existe de nombreux témoignages de personnes vivant avec le VIH qui redonnent espoir, laissant comme message que tout est encore possible. 

 

Le VIH ne vous définit pas. C’est vous qui vous définissez. Vous pouvez vivre avec le VIH et tout de même mener une vie extraordinaire… N’hésitez pas à intervenir en faveur de vos besoins… Tournez-vous vers les autres. Vous méritez du soutien. Personne ne devrait vivre dans le silence et l’isolement. Sachez que vous n’êtes pas seul. Il y a de nombreuses personnes séropositives qui ne cherchent qu’à vous aider. Tendez la main et impliquez-vous.

 — Brittany

 

Merci de m’avoir lu,

Coralie Desjardins, Sexologue B.A.

 

Références 

https://www.catie.ca/sites/default/files/catie-stillpossible-02242021-fr.pdf

https://www.teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/Sexualite/ITSS

https://pvsq.org/sites-de-depistages/

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Je ferai tout mon possible pour que nos rencontres deviennent un safe-space, un endroit sans jugement dans lequel il est possible d’aborder les sujets les plus difficiles.

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